Fred Chapelin mon poto raccroche les gants

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Fred Chapelin mon poto raccroche les gants

Messagepar diablo262 » 16 Avr 2018, 20:17 » Google Chrome 66.0.335 Google Chrome 66.0.335  Windows NT 64 bits Windows NT 64 bits  Résolution d’écran: 1366 x 768 1366 x 768

Avec Fred c'est l'histoire d'une amitiee de 30 ans sur les circuits , sur les paddocks des 24 h des 12 h du bol d'or de la werc grr putain de week_end
Alors voici par Fred lui meme son histoire ci dessous son site pour les pieces specifiques a la competition le tip top
https://www.ulteambike.com/index.cfm

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le camion magasin

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elle toune a droite lol

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Salut à tous,


Comme certains le savent déjà, Lundi 19 et Mardi 20 Mars, j'étais à Barcelone pour mon premier roulage en préparation de la saison à venir.
Hormis quelques tours en Septembre pour tester ma capacité à rouler et rapidement m’apercevoir que ça le ferait pas pour que je puisse participer au Bol d'Argent, je n'avais donc pas vraiment roulé depuis ma lourde chute de Magny-Cours en Juin dernier (pour rappel, ça m'avait valu une double fracture du bassin et une double fracture de la main).

C'est donc avec une certaine appréhension que je me lançait pour mes premiers tours de roues.
La matinée aura plus de allures de ré-apprentissage que de réel décrassage.
La vache, je me traine sévèrement la courge et je dois bien avouer que je me chie dessus et qu'en plus, je souffre physiquement.
Pour preuve, à mesure que les sessions du matin défilent, je vais de moins en moins vite.

Merde, ça me fout le moral dans les chaussettes et vu comme c'est compliqué, je ne vois vraiment pas comment je vais me sortir de cette spirale merdique.

Suite à la pause du midi, je repart en me disant "écoutes mon gros, c'est simple, tu prends ton temps, tu y vas méthodiquement, tu réfléchis et tu bosses étape par étape".
Ça fonctionne un peu, j'arrive à me détendre sur la meule, je vais un poil plus vite, mais surtout, la peur à disparue et je commence à y prendre du plaisir.
Lors de la dernière session de la journée, par deux fois dans un même tour, j'ai la poignée de gaz qui me joue des tours.
Plutôt que d'insister, je rentre pour boucler cette première journée.

J'entame une petite cession mécanique et commence tout naturellement par lorgner du côté de la poignée de gaz.
Ha bah ok, je comprend direct, la poignée caoutchouc à légèrement glissée vers l'extérieur et frotte un peu sur la protection de levier de frein ce qui freine son retour.
Hop, je remet la poignée bien en place sur le barillet, je sors le fil à freiner et la pince du même nom pour sécuriser l'affaire.
Un p'tit changement de pneus (ceux-ci étant bien tartés) et de démul', un petit repas tranquilou et comme il se met à sévèrement flotter et venter, je me cale dans le camion directement au pieu devant un p'tit film.

Au réveil du Mardi matin, pas la peine de vérifier en mettant le nez dehors, je sais que c'est trempé car c'est tombé toute la nuit.
J'ai même du faire une sortie nocturne en calcif sous la flotte pour sécuriser la tonnelle (pourtant fait la veille au soir) qui vient de tenter de s’envoler.

Au début je l'étais dit si il pleut je roule quand même, mais je préfère faire l'impasse en espérant que les conditions seront meilleurs l’après-midi.
Ce qui fut le cas puisque le soleil est sortit et qu'il aura totalement séché la piste pour la première session à 14h.
En attendant, après un p'tit dej de champion, je sors le VTT et je part faire le tour du circuit par les voies de sécurités pour observer la piste, étudier un peu les traj's et essayer de trouver des repères qui pourraient m'être utiles.

Quand vient l'heure d'y aller, je suis relativement serein et même plutôt impatient de prendre la piste.

Putainnnnnnnnnnn, j'en reviens pas, les difficultés physiques de la veille on quasiment disparues, mon pilotage est plus fluide, les sensations sont bonnes et j'ai la banane dans le casque, je me régale, enfin !!!
Et vachte ! Ça paye mine de rien, je suis 3 secondes plus vite qu'hier.

J'ai décelé un soucis d'instabilité sur l'angle dans les virages rapides et après quelques minutes de réflexion (et un petit coup de fil à mon cousin préparateur), je modifie un réglage sur la fourche.
Impec, c'est la bonne voie, je gagne en stabilité mais c'est pas encore ça/
Malgré tout, ce sera encore une grosse seconde de gagnée sur cette session, mais au delà de ça, toujours plus de plaisir et de lucidité.

Me reste une session, je peaufine le réglage en prenant tout en note sur mes fiches dédiées à cet effet.

Bim, dès le premier tour lancé (le second quoi), je gagne 6 dixièmes alors que j'ai doublé deux gars dont un auquel j'ai du faire l'extérieur dans le double droit en haut de la grande parabolique.
Il reste bien un petit mouvement parasite à l'avant au début de la mise en charge en sortie de virage, mais la moto est encore un poil mieux que lors de la session précédente.

Le tour suivant se déroule sur une piste claire, je m'applique, je travaille bien sur mes repères (que je repousse naturellement, sans forcer), je me sent bien, les virages s’enchainent avec fluidité et je sent bien que ma vitesse est bonne.
Mais voilà, alors que je sors de l'avant dernier virage du tracé, j'accélère en grand pour rentrer avec un bon élan dans le droit rapide qui commande la ligne droite, au moment ou je met la moto sur l'angle et que j'attrape les freins pour bien la caler, la moto reste accélérée (on peut facilement imaginer que c'est cette foutue poignée qui a à nouveau glissé).

Je sent bien que ça pousse au cul, mais aucune peur ne fait son apparition, au contraire, sereinement dans ma tête en une fraction de seconde, je me dis" tu relèves la meule, tu attrapes l'embrayage et tu tires tout droit, ça va le faire".

Sauf, qu'à la fin de cette fraction de seconde, tout a basculé, l'avant se dérobe violemment, ma tête frappe le sol la première et me voilà parti dans les airs.
Avant même de retoucher le sol, alors qu'il me semble avoir la tête en bas et les jambes en l'air, je sent l'airbag de la combi se gonfler et complétement enserré par celui-ci.
S'enchaine alors une série de flip-flap en mode pantin où la peur fait son apparition.
La violence de chaque choc est telle que je me dit que je vais finir démembré ou pire, c'est pas possible autrement.

Le dernier impact qui m'immobilisera dans le bac se fait sur le dos, j'ai le souffle coupé et une extrême douleur dans la colonne.
Reflex de conservation, malgré le mal qui m’envahit, je check direct chacune de mes extrémités afin de me rassurer sur la potentielle gravité des lésions.
Tous bougent, bras, mains, jambes, pieds et doigts de pieds.
De la main gauche, comme pour confirmer qu'il a fait son taf, je tâte ma poitrine et constate que le gilet de la combi est bien gonflé et qu'il me libère progressivement de son emprise.

Dans ce même temps, je pense à Prana, à Muriel, à ma Maman et à mon Papa décédé à moto alors que j'avais exactement l'age qu'a Prana actuellement.
Et voyez y ce que vous voudrez, mais il s'avère que ce séjour à Barcelone marquait aussi la triste date anniversaire de la disparition de mon Papa.
Pour moi le message est clair, je crois que j'ai assez tiré le diable par la queue et que j'ai cramé là mon tout dernier Joker.
Ma décision est prise, sans même connaître les dégâts physique, je me dois de raccrocher le cuir, pour moi, mais aussi et surtout pour mes proches.

Quand Muriel et Prana sont descendues me voir à l'hôpital, Prana en pleur en me voyant ainsi alité et marqué (blessures au visage,coquard, blanc de l’œil rouge vif, minerve et bras en écharpe), avec une petite voix toute tremblotante me sort "Papa, j'ai trop peur de te perdre", je ne pouvais pas ne lui promettre autre chose que "Ça n'arrivera pas mon ange, Papa arrête la moto, je tiens trop à vous" et de voir en même temps un très grand soulagement dans les yeux plein d'eau de Mumu me conforte encore plus dans cette décision ô pourtant combien difficile pour moi.

Pour ce qui est des réjouissances corporelles, au final, une hémorragie cérébrale qui est maintenant suffisamment estompée pour ne plus rien craindre de ce côté là, une épaule luxée qui a été réduite et qui devra très certainement être opérée car plus que moyennement stable, quelques contusions bénignes et en plat de résistance, 3 vertèbres fracturées (C7, D3 et D5) avec pour le moment l'obligation de porter une minerve/corset rigide pendant quelques temps.

Bien évidemment, je ne quitte pas le milieu, je préfère ronger mon frein dans les paddocks que de le ronger à me morfondre chez moi.
J'ai déjà des tas d'idées de projets qui j'espère iront à leurs termes.

Pour le moment, le premier de la liste est de retourner chez moi car je suis toujours immobilisé en Espagne en attendant ce fameux corset qui tant que je ne l'aurai pas empêche mon transfert vers un hôpital français près de chez moi (très certainement Montpellier) où de nouveau examens seront effectués.

Fred
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